Atelier : L’éducation, le savoir : conditions de la justice sociale

FSM – Salvador: 13-17 mars 2018

L’éducation et le savoir sont deux conditions incontournables pour la justice sociale. Le lien étroit qui les unit est renforcé par le fait que l’éducation publique, gratuite et de qualité, est un outil indispensable pour améliorer la vie d’une personne.

Si cette relation étroite entre la justice sociale, le savoir et l’éducation n’est plus à démontrer, il n’en demeure pas moins évident que l’éducation peine à se réaliser pleinement dans ses valeurs fondamentales dans l’intention de garantir la justice sociale, conformément aux objectifs universellement reconnus.

Au cours des dernières années, nombre de pays du sud, en Afrique et ailleurs, ont livré bataille à l’analphabétisme, et institué la scolarité obligatoire avec des succès inégaux, répondant ainsi aux besoins des populations défavorisées et marginalisées, mais sans pouvoir promouvoir la qualité de l’enseignement. Maintenant, les politiques publiques semblent s’orienter vers la suppression de la gratuité de l’enseignement public. En fait, ce désengagement de l’État au profit du secteur privé ne fait qu’appauvrir les catégories vulnérables et accroitre les disparités sociales. Cette atteinte à la gratuité de l’enseignement public, imposée par les directives de la Banque Mondiale, du FMI, de l’OCDE et des autres institutions internationales, aura des répercussions irréversibles sur le modèle de société que le Maroc léguera aux générations futures.

L’éducation mise en œuvre par les réformes de l’enseignement supérieur devient de plus en plus technique (le dit système LMD et ses standards, l’absence de la recherche scientifique, la tendance à la privatisation de l’enseignement supérieur…). Elle laisse peu de place à l’édification d’un système de savoir et de connaissance. Elle continue toujours à viser la promotion des compétences de l’employabilité afin de satisfaire les besoins du marché de travail, sans investir pour autant dans l’épanouissement de l’être humain. On assiste ainsi à la reproduction des inégalités par le système éducatif. Le recours au recrutement des enseignants par contrat est un autre facteur qui contribue à l’injustice sociale.

Les détenteurs de capitaux, qui considèrent le secteur de l’éducation comme un marché juteux au service des entreprises dans la fabrication d’un capital humain adéquat et adapté aux besoins du marché du travail, contribuent eux aussi à la hausse des inégalités sociales.

Le mode de production capitaliste périphérique prévalant dans ces pays est porteur d’un ensemble de mots d’ordre qui font obstacle à l’égalité des citoyens au nom de slogans comme la compétition, la compétitivité, la performance, l’efficacité, etc. La promotion de ces slogans/mots d’ordre permet au système de faire régner la loi du plus fort, du plus riche, et de légitimer différentes formes d’exclusion sociale. Cela se fait notamment en soumettant le secteur éducatif aux besoins d’un marché plus amoral que jamais. Les universités cherchent des financements privés pour assurer croissance et stabilité, d’où l’influence des entreprises et de leurs besoins actuels sur le contenu enseigné

  • Est-ce que les politiques éducatives actuelles visent à réduire la justice sociale ?
  • Quel enseignement pour demain (public, privé ou à distance) ?
  • Quel est l’objectif stratégique de l’État : former un citoyen ou un simple employé ?
  • Le type d’enseignement dispensé prépare-t-il les apprenants à comprendre la signification et l’importance des droits de la personne pour mener des actions sociales ?
  • Quel contenu de formation pour atténuer le taux de chômage ?
  • La pluralité linguistique au sein de l’école est-elle devenue un facteur de discrimination sociale, si l’on sait que l’usage du français, par exemple, est réservé à une élite ?

Ces questionnements constituent des repères, auxquels peuvent s’ajouter d’autres, qui orienteront nos débats lors de l’atelier autogéré que le CERSS et FCDM.

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